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Canadian Journal of Sociology
Volume 31, 3, Summer 2006

Abstracts


Intelligent Design Theory: A Site for Contemporary Sociology of Knowledge
by Steve Fuller

Abstract: The recent rise of intelligent design theory in opposition to the Neo-Darwinian synthesis as an account for the nature of life reflects an underlying shift in the defining ideological polarity of our time. The difference between these two scientific world-views cuts across the left-right binary that has dominated political thought for the past two centuries. The result is an updated version of Sorokin's opposition between "sensate" and "idealistic" cultures — represented by, on the one hand, the carbon-based orientation to life espoused by Peter Singer and other Neo-Darwinists, and, on the other, the silicon-based orientation promoted by Ray Kurzweil and his allies in intelligent design, who include many proponents of artificial intelligence. In the balance hangs the locus for defining "humanity", which in the past had been satisfied by the stable existence of something called "society." This paper traces the roots of intelligent design theory to the aspiration of Newton and other scientific revolutionaries to regard the mechanical world-view as enabling humans to approximate the mind of God.

Résumé: La récente popularité de la théorie de la création intelligente en opposition avec la synthèse néo-darwinienne pour expliquer la nature de la vie témoigne d'un virage sous-jacent dans la détermination de la polarité idéologique de notre temps. La différence entre ces deux visions scientifiques du monde touche la binaire gauche-droite qui a dominé la pensée politique depuis deux cents ans. Le résultat est une version récente de l'opposition de Sorokin entre les cultures « sensorielles » et « idéalistes », représentées, d'une part par une démarche à l'égard de la vie basée sur le carbone et embrassée par Peter Singer et D'autres néo-darwiniens, et d'autre part, par une orientation basée sur le silicone préconisée par Ray Kurzweil et ses confrères de la création intelligente comprenant un grand nombre d'adeptes de l'intelligence artificielle. En jeu, il y a la question de définir « humanité » qui, dans le passé, se définissait par l'existence stable de quelque chose appelée « société ». L'article trace les origines de la théorie de la création intelligente jusqu'à l'aspiration de Newton et d'autres révolutionnaires scientifiques pour considérer la vision mécanique du monde comme étant un moyen de permettre aux humains de se rapprocher de l'esprit de Dieu.

The Genuine Jewish Type: Racial Ideology and Anti-Immigrationism in Early Medical Writing about Tay-Sachs Disease
by Shelley Reuter

Abstract: This article presents a critical, genealogical analysis of the discourse of Tay-Sachs disease (TSD), a genetic metabolic disorder historically perceived as exclusive, or nearly exclusive, to Jews. Drawing on medical case reports from the period between 1881 (when the disease was first observed) and 1943, i.e., the early years of the Second World War, the study examines how Tay-Sachs was discursively constructed as a Jewish disease. In particular, the study provides an analysis of TSD in the context of anti-immigrationism, especially in 1910s and 1920s US, when both eugenics and Jewish emigration from Eastern Europe were on the rise. The argument illustrates the reification of Jews as "raced" in and through this disease, demonstrating that knowledge about Tay-Sachs (and other group-specific genetic diseases) needs to be examined in socio-cultural terms alongside existing biological accounts.

Résumé: Cette étude retrace la généalogie du discours sur la maladie de Tay-Sachs, un désordre génétique du métabolisme, historiquement conçu comme exclusif aux juifs ou pratiquement exclusif à ceux-ci. Elle en propose une critique. Fondée sur l'analyse de rapports médicaux allant de 1881 (date à la quelle la maladie a d'abord été identifiée) à fin 1943, c'est-à-dire les premières années de la seconde guerre mondiale, cette étude décrit comment les discours prononcés autour de la maladie de Tay-Sachs en ont fait un problème juif. Elle se penche en particulier sur le contexte anti-immigration des décennies 1910 et 1920 aux États-Unis alors que l'eugénisme et l'émigration en provenance de l'Europe de l'Est prenaient de l'essor. Elle tente d'établir comment les juifs furent réifiés en tant que « race » à travers et grâce à cette maladie, et montre comment le savoir relatif à la Tay-Sachs (ou à toute autre maladie génétique spécifique à un groupe) relève tout autant de termes socio-culturels que des données biologiques existantes.

Governing Homelessness Through Land-use: A Sociolegal Study of the Toronto Shelter Zoning By-law
by Prashan Ranasinghe and Mariana Valverde

Abstract: In this paper, we focus on one particular effort undertaken by the city of Toronto, in the late-1990s, to address the problem of homelessness, namely, the attempt to build more homeless shelters and equitably spread them across the city. We argue that any attempts made by municipal governments to address issues of homelessness — and more broadly, matters of social justice — are bound to run into serious roadblocks, so much so that even the most compassionate and well-intended efforts to provide a temporary roof over the heads of those who find themselves without shelter, are likely to be thwarted, significantly delayed or deviate drastically from their original intentions on the one hand, or at the other extreme, fail miserably. When municipalities attempt to address issues such as homelessness, and matters of social justice more generally, these issues are often funnelled into the awkward machinery of zoning law, one of the few legal fields within municipal jurisdiction. Zoning law governs uses and spaces, not persons. This basic legal fact is shown to have an important effect on the outcome of political conflicts, and this problem is exacerbated when a hot-button issue such as where to locate shelters is opened up for public input and consultation. This case study thus suggests the importance of closely studying the specifics of the legal architecture within which municipal politics are waged.

Résumé: Dans cet article, nous nous concentrons sur l'un des efforts entrepris par la ville de Toronto à la fin des années 90 afin de faire face au problème de l'itinérance, soit la tentative de construire davantage de refuges et de les distribuer équitablement à travers la ville. Nous avançons que toutes les tentatives des gouvernements municipaux de résoudre le problème des sans-abris — ou, plus généralement, toute question de justice sociale — se heurtent nécessairement à des obstacles. Même les efforts les plus compatissants visant à fournir un toit provisoire au-dessus de la tête des sans-abris courent le risque de s'enrayer, d'être retardés, ou sensiblement déviés de leurs objectifs originels, voire d'échouer lamentablement. Lorsque les municipalités abordent le problèmes de l'itinérance, ou toutes autres questions liées à la justice sociale, elles doivent souvent faire face à l'encombrante machinerie que sont les règlements de zonage, l'une des rares prérogatives juridiques municipales. La loi de zonage gère les usages et les espaces, mais non les personnes. Ce détail fondamental a un effet considérable sur les résultats des conflits politiques, un problème qui s'aggrave encore davantage lors qu'il y a consultations publiques concernant des sujets chauds, par exemple l'emplacement exact des refuges. Cette étude de cas suggère ainsi l'importance d'étudier étroitement les détails de l'architecture légale, au milieu desquels se joue la politique municipale.
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